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Règle 1 : l'important quand on monte, c'est de redescendre frais !

27 Mai 2013 , Rédigé par Olivier

Le 11 mai on décolle vers 6 h du camp de base pour remonter la cascade de glace. Tôt le matin, je suis surpris par les nombreux craquements qu’on entend partout sur le glacier. Les éboulis et la neige facilitent le passage. Il y a juste la section des 3 échelles qui devient de plus en plus dangereuse avec un énorme bloc en surplomb. Jusqu’au C1 tout va bien mais avec les crevasses plus larges et des échelles plus longues sur le plateau, ma forme en prend un coup et le nuage qui nous refroidi m’épuise et j’arrive bon dernier après 7 h 30 de marche.

Le 11 mai - du camp de base à C2
Le 11 mai - du camp de base à C2
Le 11 mai - du camp de base à C2
Le 11 mai - du camp de base à C2

Le 11 mai - du camp de base à C2

Le 12, il neige et ca bloque le transit sur l’ice fall pendant une journée. Nous on se repose… Le 13 on se repose encore puisque les prévisions météo semblent favorables pour le 16 / 17. Reno est très angoissé et méticuleux sur tout … Moi je me contente de mes médocs : Diamox 2 / j pour pisser et éviter les oedèmes + paracétamol ou ibuprofène pour anticiper le mal de tête.

Cé - Préparation des poudres et vérification du matérielCé - Préparation des poudres et vérification du matériel

Cé - Préparation des poudres et vérification du matériel

14 mai, on monte à C3 en 5 h, c'est beaucoup plus long que la première fois et Reno prend l’O2 dès le pied de la pente du Lhotse. Nima et Dawa nous font une bonne soupe et on se repose tout l’après midi. On passe la nuit avec le masque à 0,5 l / m

Le 15, montée à C4. On décolle vers 7 h et il nous faut 8 h avec assistance respiratoire (1 l / min) pour monter de 7000 à 7950 m. Je suis très content que notre camp 3 soit si bas car il nous faut plus d’une heure d’effort pour atteindre le haut du C3. Pas question de lâcher la corde une seconde sur cette pente raide ! Une petite traversée et on arrive sur la « yellow bande ». Une bande de roche jaune qu’il faut grimper en tirant sur les bras car les crampons glissent sur le rocher. Je double un groupe un peu lent dans cette portion et ca me met dans le rouge pour quelques minutes…

Après la traversée continue et on arrive à la bifurcation vers le C4 du Lhotse. Quelques dizaines de mètres plus loin, on monte sur le coteau rocheux de « l’éperon des genevois ». C’est assez court mais raide et les 2 cordes permettent de se hisser. Ensuite c’est 200 m de plat dans un gros schiste avant d’arriver au fameux camp 4 du col sud (7950 m).

La pente du Lhotse - la vie ne tient qu'a une corde !
La pente du Lhotse - la vie ne tient qu'a une corde !
La pente du Lhotse - la vie ne tient qu'a une corde !

La pente du Lhotse - la vie ne tient qu'a une corde !

Enfin le haut de la pente et le plateau de schiste
Enfin le haut de la pente et le plateau de schiste
Enfin le haut de la pente et le plateau de schiste
Enfin le haut de la pente et le plateau de schiste

Enfin le haut de la pente et le plateau de schiste

Col Sud - une vue à couper le souffle !

Col Sud - une vue à couper le souffle !

Il est près de 15 h et les sherpas qui avaient pris de l’avance ont déjà installé la tente dans ce vaste plateau très venteux. On se retrouve serrés à 4 dans une tente qui convient à 2…

De la soupe, du thé et on se repose comme on peut avec le masque sur le nez. Les prévisions météo sont justes "un peu fausses" et le temps calme prévu est en fait une bonne tempête. Inutile de tenter une ascension, le vent est bien trop fort et on passe une mauvaise nuit, serrés avec juste 2 sacs de couchage pour 4.

Le camp 4 du col sud ( 7950 m) - Des cailloux, du vent et de l'air en boite...
Le camp 4 du col sud ( 7950 m) - Des cailloux, du vent et de l'air en boite...
Le camp 4 du col sud ( 7950 m) - Des cailloux, du vent et de l'air en boite...

Le camp 4 du col sud ( 7950 m) - Des cailloux, du vent et de l'air en boite...

A l'intérieur on est "collés serrés" mais ca reste glacial !A l'intérieur on est "collés serrés" mais ca reste glacial !

A l'intérieur on est "collés serrés" mais ca reste glacial !

Le 16 au matin le temps n’est pas meilleur et on passe une journée dans cette trop petite tente. Dawa qui vient d’être papa pour la 5 ème fois ne pense qu’à rentrer chez lui et son copain Nima voudrait bien le suivre. Avec 12 et 5 sommets, ils me convainquent de redescendre mais Reno qui est plus déterminé appelle le camp de base où le "big boss" lui confirme qu’on a l’O2 et de meilleures prévisions pour le soir… On reste au désespoir des sherpas.

A 20 h on est équipés et on se lance avec quelques autres courageux sur les dernier 900 m. Le vent souffle toujours et lève des tourbillons de neige glacée qui fouettent le visage. Il y a d’abord la zone schisteuse du col puis une bande de glace en pente douce. Ca devient plus pentu avec de la neige. 200 m plus haut on arrive dans une zone rocailleuse un peu chiante puis ça repasse en neige dans une section raide. C’est une espèce de petite crête de neige presque dure mais si étroite que les rafales de vent me font régulièrement dévier sur les côtés de neige molle ou tomber sur les genoux... On arrive enfin au « balcony » à 8400 m.

Pendant les 5 h d’ascension, outre la très désagréable sensation de me moucher dans mon masque avec les écoulements qui s’accumulent, j’avais aussi eu froid aux mains (le vent pousse la neige entre les gros gants et les sous gants plus fins). A la pause du changement de bouteille, le refroidissement est plus sérieux et les efforts de Dawa ne parviennent à les réchauffer. Lui qui voulait faire ½ tour depuis un moment, je lui donne raison et renonce avant que ça ne devienne grave. Comme d’autres, on entame la descente.

Assez vite je ne distingue plus les reliefs au sol. Me rendant compte que je n’avais pas mes lunettes, je demande à Dawa de regarder ce qui ne va pas. Il décolle alors la glace qui se formait sur les paupières ! Après je descends bien mieux mais à quelques centaines de mètres de la tente je n’ai plus d’air dans le masque. Dawa me dit que tout va bien et je termine en suffoquant. Dans la tente, je vois que si l’arrivée d’O2 est normale, l’entrée d’air elle est complètement bouchée par la glace… Pas étonnant que j’étouffais ! A 3 h le calvaire prend presque fin et on je me couche sous une couvert de givre, bottes aux pieds, lessivé en pensant à Reno qui continue avec ce temps...

A 3 h du mat, frais et défaitsA 3 h du mat, frais et défaits

A 3 h du mat, frais et défaits

Le 17, on est réveillés dès l’aube (5 h) et le vent qui souffle fort m’inquiète pour ceux qui sont dehors. A 7 h 30, je commence la descente et 4 h plus tard j’échoue au C2, complètement à plat. Juste du liquide et je m’écroule dans ma tente. Dawa me propose de descendre dans la foulée au camp de base, probablement pour en finir avec cette affaire. Moi, je suis trop usé pour aller faire le pitre sur les échelles … et je n’ai pas encore renoncé définitivement !

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